Chronique d’un twitterer-blogger à Madagascar en situation de crise

J’ai pu lire de nombreux posts déjà sur le rôle des médias sociaux dans l’information sur la crise politique à Madagascar. Faisant suite à mon billet précédent, je voudrais mettre l’accent ici sur la tâche, ô combien difficile, du journaliste citoyen à Madagascar… Mobile et appareil photo en main, personnellement, je ne rate pas de témoigner des troubles qui secouent Antananarivo depuis environ trois mois sur Twitter. Sur le terrain, il faut constamment veiller à sa sécurité, se mettant à l’abri des balles, évitant les coups de grenades et les émeutes (la foule qui te rentre dedans), mais aussi des profiteurs qui n’hésitent pas à profiter d’un moment de confusion pour te vider les poches… Aussi faut-il éviter de photographier certaines personnes au risque d’essuyer une virulente protestation de leur part… Ma foi, à la différence du journaliste classique (notons que pour eux, tout n’a pas été un long fleuve tranquille non plus !) qui bénéficie d’un encadrement particulier près des forces de l’ordre, le journaliste citoyen doit redoubler de vigilance. Je propose ainsi un extrait (la liste n’est pas exhaustive, vous pourrez m’aider à la rallonger) de ce qui pourrait être le manuel du journaliste citoyen à Madagascar (valable essentiellement à Antananarivo) :

1 - il ne faut éviter jamais y aller tout seul, ou du moins, il faut avertir des proches ou d’autres bloggers de l’endroit où on est : toujours avoir un contact direct à appeler en cas de pépin… (Merci à Lova pour les consignes ;)) ;

2 - il faut faire extrêmement attention quand il faut prendre des photos ou filmer : éviter de se faire surprendre en filmant ou en prenant les militaires (terme générique pour désigner les forces de l’ordre, en général) en photos (j’en avais fait moi moi-même les frais !), éviter également de shooter une certaine catégorie d’individus très susceptibles aux appareils photos et aux caméras ;

3 - il faut éviter de trop se fondre dans la foule (j’ai fait l’expérience de me fondre dans un des deux camps protagonistes au moment des affrontements, mais je me suis rendu compte que j’avais fait forcément le mauvais choix quand j’ai vu les militaires charger dans notre direction) ;

4 - mais il faut également éviter de se mettre entre deux feux au risque de recevoir des projectiles (ce n’est pas la meilleure solution, croyez moi) ;

5 - il faut choisir un bon poste d’observation (fixe), à l’abri des agitations - néanmoins, il faut toujours chercher une issue de secours au cas où la situation dégénère ;

6 - si le journaliste citoyen est mobile, il est préférable qu’il se mette légèrement à l’écart des affrontements (entre civils ou avec les militaires) ;

7 - il faut faire attention à ne pas se faire agresser par les voleurs à la tire et autres individus malintentionnés ;

8 - et surtout avoir de bonnes jambes pour s’éclipser quand la situation ne s’y prête plus…

Rendant hommage à toute la communauté de twitterers-bloggers de Madagascar, bravo, vous faîtes tous du bon travail, mais faîtes bien attention à vous. On ne vit qu’une fois…

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