Retour sur la table ronde « L’entrepreneur 2.0 : médias sociaux et e-réputation »

Salle comble pour la dernière (trentième ?) édition du Rendez-vous des entrepreneurs, jeudi dernier. Devant une assistance essentiellement composée de jeunes (des étudiants pour la plupart), le panel d’intervenants a passé en revue en deux (petites) heures l’essentiel des médias sociaux et des enjeux de la e-réputation.

Il fallait quand même s’y attendre, le terme « e-réputation » n’est pas très familier pour le public (j’imagine que c’est aussi le cas ailleurs, alors imaginez un peu à Madagascar !). Réseaux sociaux, oui ils connaissent (et encore, pour beaucoup cela résume à Facebook uniquement). « Réputation en ligne« , « identité numérique« , « stratégie de présence« , « référencement« , « SEA« … autant de vocables (barbares) nés des usages d’internet et qu’il a fallu donner un début d’éclairage. Approche basique pour bien se comprendre.

Une heure ne suffit pas pour parler des différentes utilisations des médias sociaux pour développer son activité et expliquer les enjeux de la gestion de sa e-réputation. Cela est d’autant moins évident lorsqu’on a quatre intervenants qui vont essayer d’explorer de long en large le domaine, chacun dans son domaine d’expertise.

Vue sur le panel de la table ronde

Ce que j’ai retenu de la table ronde

Primo, la table ronde a été une occasion pour la majorité des personnes qui composaient l’assistance de découvrir à quoi ressemble le web de nos jours, un écosystème de plus en plus complexe qui nécessite à la fois une approche systémique (les plateformes sont interconnectées et on arrive rapidement à la question d’identité numérique et des traces laissées sur la toile) mais aussi une analyse au cas par cas : le blog, le réseau social, les plateformes de microblogging, les plateformes de partage, les wikis, les services de géolocalisation, etc. Bref, finalement il n’y a pas que Facebook.

Deuxio, la table ronde a permis de mettre en évidence la nécessité d’une démarche réfléchie (un minimum de stratégie) pour communiquer et mener une action marketing sur le web qui commence par définir des objectifs clairs. A mon avis, la meilleure façon d’aborder aborder et illustrer la stratégie de présence sur les médias sociaux, il n’y a pas mieux que de parler de promotion de la marque personnelle (personal brand). Les différentes plateformes sociales permettent à chaque individu (et aux organisations) d’asseoir une identité, de se mettre en valeur (notoriété) et acquérir une meilleure perception par les autres (réputation).

Il faudra sélectionner les bons outils (ou canaux), utiliser les techniques adéquates (SMO couplé à du SEO classique ? SEA ? etc.), produire du contenu et/ou faire de la curation de contenu… Et on arrive à cette fameuse question du R.O.I. des médias sociaux. Là encore, on n’en est pas aux réponses toutes faites, vous constaterez par vous-même que chaque « spécialiste » en médias sociaux sur le web argumentera à sa façon

Dans sa présentation, Mbola Andrianatoandro de Blue2Purple s’est démarquée en se focalisant, elle, sur les solutions payantes (Google Adwords et les Facebook Ads). Ce n’est pas toujours facile de rentrer dans les détails des stratégies publicitaires à la disposition d’une marque sur le web, d’autant plus que le SEA est encore assez méconnu des Malgaches (le nombre d’annonceurs résidant à Madagascar est encore faible). Toujours est-il qu’il peut compléter le référencement naturel et combler le manque de visibilité d’une marque.

Tertio, j’ai remarqué qu’au fil des échanges avec le public, ils commencent à prendre le pouls des enjeux de la gestion de la réputation en ligne. Pour ne pas y aller par quatre chemins, le plus simple aura été de passer par des exemples concrets (un cas d’école : une société malgache de téléphonie est apparemment en train de se faire « descendre » par les internautes à Madagascar, je vous laisse découvrir laquelle). Sur ce point, pour gommer une mauvaise réputation, les intervenants sont d’accord que se donner une bonne image et s’adonner à des campagnes de démenti ne suffisent pas. Le problème de (mauvaise) réputation naît de l’écart trop flagrant entre l’image projetée par la marque et l’image  qui est perçue ainsi que les actions menées parallèlement aux messages publiés. Le mieux c’est de prévenir l’incident (et le bad buzz) et d’agir en amont : un bon système de veille et d’alertes… Sinon, lorsque l’incident se produit, on peut toujours recourir à plusieurs méthodes (à différents niveaux) pour s’attaquer à un problème de réputation entachée sur internet : contre-offensive, s’appuyer sur des relais d’influence, arsenal juridique, etc.

Stratégie social media

Et quarto, la table ronde a été une opportunité de (re)présenter le métier de community manager et le rôle central qu’il occupe pour gérer la communauté autour de la marque, gérer l’image de marque et veiller à la réputation en ligne de celle-ci. J’ai noté un certaine curiosité de la part d’une partie de l’assistance quant à ce (nouveau) métier. Il y a de quoi rester sur sa faim. Une raison de plus de programmer d’autres rendez-vous pour discuter des métiers liés aux médias sociaux…

Lien vers ma présentation : ici

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