Communiquer en situation de crise – échos de la communauté numérique malgache

Personnes manifestant contre les émeutes et pillages à Madagascar

Alors qu’on est en ce moment en train de traverser une grave période de crise sociopolitique à Madagascar, je voudrais décrire la place occupée par les outils médias collaboratifs et participatifs dans l’exploitation des diverses informations concernant les troubles au pays.

Force est de constater que le web 2.0 est au cœur de l’actualité malgache. Personnellement, j’ai commencé à couvrir les évènements se déroulant à Madagascar sur Twitter alors que l’atmosphère politique locale commençait à être tendue. Les chiffres parlent d’elles-mêmes : en l’espace de 48 heures, depuis le début des émeutes à Antananarivo, près de 40 nouveaux suiveurs sur Twitter. Une communauté de Tweeterers se forme et la twittosphère malgache se mobilise pour assurer un maximum de couverture de l’évolution de l’agitation sur place. La forte affluence sur Twitter, avec des profils de suiveurs des plus variés (medias internationaux, diaspora malgache, ou simple citoyen du monde), témoignent le vif intérêt de la situation prévalant dans la grande île, étant donné que Madagascar a fait la une de l’actualité mondiale depuis ces dernières 78 heures.

La blogosphère malgache se mobilise également. Je félicite ainsi le travail des bloggeurs malgaches qui essaient de relayer les informations au pays. Une multitude de blogs gasy analysent parfaitement les agitations politiques à Madagascar, avec un rendu qui ferait pâlir certains professionnels de la presse internationale…

Grâce à l’avènement du web 2.0, on peut alors rester connecter avec les évènements en direct de Madagascar (une chose qui n’aurait pas encore été possible pour la couverture de la crise politique de 2002 à Madagascar). Les photos et vidéos prises en amateur (FlickR, YouTube…) abondent tellement que moi-même j’aurai tendance à m’y perdre…

Soulignons aussi le rôle prépondérant des réseaux sociaux, en particulier Facebook qui connait une croissance exponentielle au niveau de la communauté malgache au pays et dans sa diaspora (sujet d’un de mon dernier post), sans quoi les échanges d’informations sur la situation au pays seraient une tâche ardument difficile et la mobilisation de l’opinion quasiment inexistante (je fais allusion à tous ces groupes de convictions politiques ou apolitiques appelant à la mobilisation et la responsabilité de tout un chacun dans la résolution de la crise actuelle).

En un mot, les internautes malgaches commencent à prendre conscience de l’importance de ce média dans la transmission d’information, de son rôle afin d’alerter l’opinion publique et aider les décideurs dans leur prise de décision (il y a une certaine redondance je sais).

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