Focus sur Twanapéro

Qui a dit qu’internet rendait les personnes asociales ? La communauté web malgache se retrouve depuis quelques années maintenant autour d’évènements périodiques ou ponctuelles, « in real life » (IRL). Que ce soit des évènements totalement informels pour échanger, discuter et faire connaissance autour d’un verre comme les tweetups ou Tana Miblaogy (le rendez-vous de la blogosphère tananarivienne), ou encore des évènements web du genre barcamp

Tous ces évènements sont tous un prolongement de ces échanges qui ont commencé sur le web et qui finissent dans le réel. Car depuis toujours, je ne cesse de clamer qu’une vie digitale active n’a d’intérêt que si elle permet de rendre encore plus intéressante sa vie « réelle ». Je parle surtout de réseautage entre autres. Bien sûr cela n’exclut pas ceux qui choisissent de garder leur identité online dans leur espace virtuel (appelez ça « anonymat ») ou ceux qui choisissent uniquement le réseautage cantonné à leur cercle social numérique.

Twitter

La twittosphère malgache, bien qu’elle ne soit pas aussi importante que la communauté Facebook avec ses 240 000 utilisateurs , a décidé d’organiser des rencontres mensuelles, sous forme de twapéros ou apéritweets. En gros, il s’agit de réunions entièrement improvisées pour discuter et faire connaissance autour d’un verre (voire plus ! 🙂 ). Il est toujours intéressant aussi de mettre un visage à chaque compte Twitter, surtout qu’on se côtoie déjà pour la plupart depuis des mois sur cette plateforme de microblogging. La twittosphère malgache est une petite communauté de twittos qui se connaissent un peu tous en se suivant les uns les autres derrière leurs pseudos et leurs avatars respectifs. Ces twittos qui retrouvent dans le hashtag #Madagascar (ou #Madagasikara ?). Oui, une particularité de cette twittosphère c’est que la majorité retweete les tweets sur Madagascar sans qu’on le leur ait expressément demandé de le faire. Cet aspect communautaire de twitter je l’ai retrouvé chez d’autres twittos africains d’ailleurs (surement d’autres pays aussi) : la twittosphère ivoirienne se retrouve autour du hashtag #kpakpatoya, la twittosphère sénégalaise autour de #kebetu…

Deux éditions du Twanapéro (nom déposé ?), l’apéro twitter à Tana, ont été organisées jusqu’ici. La prochaine édition aura lieu en septembre, peut-être sous la forme d’un twunch, un déjeuner twitter cette fois 😉  Donc si ça vous dit de sortir de vos avatars respectifs et faire des rencontres IRL ou AFK à Tana, vous pouvez toujours suivre le hashtag #twanapéro ou le compte @twanapero sur Twitter.

Retour sur la table ronde « L’entrepreneur 2.0 : médias sociaux et e-réputation »

Salle comble pour la dernière (trentième ?) édition du Rendez-vous des entrepreneurs, jeudi dernier. Devant une assistance essentiellement composée de jeunes (des étudiants pour la plupart), le panel d’intervenants a passé en revue en deux (petites) heures l’essentiel des médias sociaux et des enjeux de la e-réputation.

Il fallait quand même s’y attendre, le terme « e-réputation » n’est pas très familier pour le public (j’imagine que c’est aussi le cas ailleurs, alors imaginez un peu à Madagascar !). Réseaux sociaux, oui ils connaissent (et encore, pour beaucoup cela résume à Facebook uniquement). « Réputation en ligne« , « identité numérique« , « stratégie de présence« , « référencement« , « SEA« … autant de vocables (barbares) nés des usages d’internet et qu’il a fallu donner un début d’éclairage. Approche basique pour bien se comprendre.

Une heure ne suffit pas pour parler des différentes utilisations des médias sociaux pour développer son activité et expliquer les enjeux de la gestion de sa e-réputation. Cela est d’autant moins évident lorsqu’on a quatre intervenants qui vont essayer d’explorer de long en large le domaine, chacun dans son domaine d’expertise.

Vue sur le panel de la table ronde

Ce que j’ai retenu de la table ronde

Primo, la table ronde a été une occasion pour la majorité des personnes qui composaient l’assistance de découvrir à quoi ressemble le web de nos jours, un écosystème de plus en plus complexe qui nécessite à la fois une approche systémique (les plateformes sont interconnectées et on arrive rapidement à la question d’identité numérique et des traces laissées sur la toile) mais aussi une analyse au cas par cas : le blog, le réseau social, les plateformes de microblogging, les plateformes de partage, les wikis, les services de géolocalisation, etc. Bref, finalement il n’y a pas que Facebook.

Deuxio, la table ronde a permis de mettre en évidence la nécessité d’une démarche réfléchie (un minimum de stratégie) pour communiquer et mener une action marketing sur le web qui commence par définir des objectifs clairs. A mon avis, la meilleure façon d’aborder aborder et illustrer la stratégie de présence sur les médias sociaux, il n’y a pas mieux que de parler de promotion de la marque personnelle (personal brand). Les différentes plateformes sociales permettent à chaque individu (et aux organisations) d’asseoir une identité, de se mettre en valeur (notoriété) et acquérir une meilleure perception par les autres (réputation).

Il faudra sélectionner les bons outils (ou canaux), utiliser les techniques adéquates (SMO couplé à du SEO classique ? SEA ? etc.), produire du contenu et/ou faire de la curation de contenu… Et on arrive à cette fameuse question du R.O.I. des médias sociaux. Là encore, on n’en est pas aux réponses toutes faites, vous constaterez par vous-même que chaque « spécialiste » en médias sociaux sur le web argumentera à sa façon

Dans sa présentation, Mbola Andrianatoandro de Blue2Purple s’est démarquée en se focalisant, elle, sur les solutions payantes (Google Adwords et les Facebook Ads). Ce n’est pas toujours facile de rentrer dans les détails des stratégies publicitaires à la disposition d’une marque sur le web, d’autant plus que le SEA est encore assez méconnu des Malgaches (le nombre d’annonceurs résidant à Madagascar est encore faible). Toujours est-il qu’il peut compléter le référencement naturel et combler le manque de visibilité d’une marque.

Tertio, j’ai remarqué qu’au fil des échanges avec le public, ils commencent à prendre le pouls des enjeux de la gestion de la réputation en ligne. Pour ne pas y aller par quatre chemins, le plus simple aura été de passer par des exemples concrets (un cas d’école : une société malgache de téléphonie est apparemment en train de se faire « descendre » par les internautes à Madagascar, je vous laisse découvrir laquelle). Sur ce point, pour gommer une mauvaise réputation, les intervenants sont d’accord que se donner une bonne image et s’adonner à des campagnes de démenti ne suffisent pas. Le problème de (mauvaise) réputation naît de l’écart trop flagrant entre l’image projetée par la marque et l’image  qui est perçue ainsi que les actions menées parallèlement aux messages publiés. Le mieux c’est de prévenir l’incident (et le bad buzz) et d’agir en amont : un bon système de veille et d’alertes… Sinon, lorsque l’incident se produit, on peut toujours recourir à plusieurs méthodes (à différents niveaux) pour s’attaquer à un problème de réputation entachée sur internet : contre-offensive, s’appuyer sur des relais d’influence, arsenal juridique, etc.

Stratégie social media

Et quarto, la table ronde a été une opportunité de (re)présenter le métier de community manager et le rôle central qu’il occupe pour gérer la communauté autour de la marque, gérer l’image de marque et veiller à la réputation en ligne de celle-ci. J’ai noté un certaine curiosité de la part d’une partie de l’assistance quant à ce (nouveau) métier. Il y a de quoi rester sur sa faim. Une raison de plus de programmer d’autres rendez-vous pour discuter des métiers liés aux médias sociaux…

Lien vers ma présentation : ici

Une série de forums pour discuter de la place de Madagascar au cœur de la révolution numérique

L’Institut Français de Madagascar (IFM) se penche sur l’impact des TIC et la révolution numérique sur Madagascar en organisant une série de trois forums à partir de ce mois de septembre. Une occasion de discuter et de débattre autour de l’évolution des nouvelles technologies à Madagascar, ainsi que de la place qu’elles occupent dans la société et le tissu économique malgaches.

Madadagascar au coeur de la révolution numérique

Le premier forum qui se tiendra le 28 septembre 2011 à 15h00 et axé sur le thème : « TIC : Une révolution planétaire, Madagascar dans un monde qui change », servira à planter le décor et situer le cas malgache dans la dynamique de la révolution numérique globale.

Destiné à un public plus large, il sera surtout question de discuter de l’impact des TIC sur la société et le quotidien des Malgaches, en partant de la présentation d’une enquête sociologique effectuée par des étudiants du département de sociologie de l’Université de Madagascar. S’en suivra un débat sur les mutations entraînées par les TIC sur la société. La discussion verra la participation de spécialistes français et malgaches des TIC mais aussi des blogueurs malgaches où il sera bien sûr question des réseaux sociaux à Madagascar et de la révolution apportée par les blogs

La discussion sera encadrée par des journalistes de la web-émission participative de RFI, L’Atelier des Médias, Ziad Maalouf et Simon Decreuze.

Le deuxième forum (26 octobre 2011) fera la part belle à l’économie numérique et dressera un état des lieux des enjeux économiques et financiers des TIC à Madagascar. Le dernier forum (30 novembre 2011) sera quant à lui tourné vers les formations au cœur du développement du numérique.

Plus d’infos sur le site de RFI.

Des statistiques sur les médias sociaux à #Madagascar

Cela fait un bon bout de temps déjà que je cherchais des chiffres sur l’utilisation des médias sociaux à Madagascar. Jusqu’à ce que je tombe récemment sur le nouveau compteur de StatCounter.

Et finalement voilà ce que ça donne pour Madagascar (analysant les données de ces 15 derniers mois):

Social Media Stats for Madagascar

Comme il fallait s’y attendre, Facebook ferait la course en tête en terme de trafic sur les plateformes communautaires à Madagascar. Et le « super réseau social » a apparemment de plus en plus la cote (je vous renvoie à mon post écrit l’année dernière sur les réseaux sociaux et Facebook à Madagascar).
En analysant ce même graphique, on ne peut que remarquer les pics réalisés par Twitter au cours du premier semestre 2009. Une période qui coïncide bien au paroxysme de la crise politique à Madagascar, qui a « consacré » cette plateforme de microblogging à Madagascar et a contribué à relayer les évènements au-delà des frontières du pays.
Et pour compléter le trio de tête, il est intéressant de voir les voir les chiffres réalisés par YouTube, surtout au cours de cette année 2010.

En tout cas, ces statistiques permettent déjà en partie de mieux cerner la dimension revêtue par les médias sociaux à Madagascar et les comparer à la tendance continentale voire mondiale. Des chiffres qui pourront peut-être déjà donner des pistes de réflexion pour ceux qui veulent buzzer via le web social à Madagascar.

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La publicité 2.0 ou comment faire sa promotion via les médias sociaux

Le web 2.0

Blogs, MySpace, Facebook, YouTube, LinkedIn, Twitter… La communauté des «deux-point- zéro-eurs» (une expression empruntée à un ami blogger ) s’aggrandit…

Depuis l’avènement des réseaux sociaux et autres plate-formes du web collaboratif et participatif (wikis, blogs, etc .), le marketer a trouvé par l’intermédiaire des nouveaux médias (encore de cela quelques années considérés comme une niche du web marketing) un canal de communication bien plus qu’efficace. Quoique, dans le monde de la promotion via le web 2.0, il vaille de dissocier les bannières publicitaires traditionnelles visibles dans les blogs et la publicité au travers des médias sociaux.

Le buzz via les réseaux sociaux et les blogs

Facebook , à lui tout seul représente plus de 200 millions d’utilisateurs (actifs ?). Certes, celui qui est sur Facebook n’a forcément pas besoin d’être bombardé intempestivement par des messages publicitaires, les sociétés publicitaires ont trouvé des moyens beaucoup plus subtils pour mettre l’internaute en contact avec le message sous la forme d’applications en tout genre (ah, ces fameuses applications !).

Donc, à chaque réseau, sa cible… et, par conséquent, son message. Quels merveilleux outils sont ces réseaux sociaux ! Le web 2.0 a inventé une nouvelle pratique de la publicité. Je dirais qu’un des points forts, sinon le point fort du web social, c’est la personnalisation du message. Pour un annonceur, les  principaux avantages sont :

– un ciblage très précis des annonces. En effet, les utilisateurs des réseaux sociaux saisissent toutes les informations les concernant et permettent d’afficher vos annonces uniquement à votre cible de clients. Ainsi, tout le monde peut s’improviser annonceur sur Facebook (encore Facebook, je sais, un vrai phénomène de société !), juste en quelques clics, en définissant précisément  la cible, et promouvoir sa marque, son produit, un événement … (via une fan page, un groupe, etc.) : on se rend alors compte que certains de nos contacts peuvent être catégorisés de véritables « spammers » lorsqu’on jette un coup d’œil à tous ces messages qui inondent notre boîte de réception sur Facebook!

– le buzz et le marketing viral : toucher fortement et rapidement un très large public. Les consommateurs sont très réceptifs à une information lorsqu’elle est relayée par une personne de leur entourage et la rediffusent rapidement à leurs proches grâce aux réseaux sociaux. Les réseaux sociaux représentent, aujourd’hui, le meilleur média pour relayer un buzz.

En restant toujours dans le domaine du buzz sur internet, il faut avouer que la plate-forme de microblogging  Twitter demeure le réseau social par excellence pour lancer et diffuser une campagne de buzz marketing . Largement plébiscité pour la veille la veille informationnelle et stratégique, on peut y choisir sa cible (ses followers), une communauté d’utilisateurs (geeks ?) professionnels et/ou leaders d’opinion, pour véhiculer son message et le leur faire relayer par la suite (via les retweets). Sans oublier que le premier outil de buzz sur internet ont été les blogs, ils n’en demeurent moins aujourd’hui.

Alors quelle publicité ?

Au-delà des réseaux sociaux (le populaire Facebook, les « professionnels» LinkedIn et Viadeo …), les réseaux communautaires interactifs (le très coté MySpace , le site de partage de vidéos YouTube affilié au géant Google, le français Dailymotion , le site de partage de photos Flickr affilié à Yahoo!, …), les outils participatifs ou wikis, les outils du social bookmarking (Delicious , Digg …), le blogging…, on a tendance a oublier que les widgets et autres applications représentent un élément non négligeable du web 2.0. Ils représentent près de 6% des investissements publicitaires dans les médias sociaux aux Etats-Unis, contre seulement 3% l’année passée (source : e-Marketer ).

Pour l’instant, ce sont les Américains qui sont les moteurs de cette croissance publicitaire via les réseaux sociaux. Toujours est-il, d’après une récente étude menée en 2008 par le cabinet Forrester Research sur la publicité via les médias sociaux, que la majorité des experts affirment que la  publicité par l’intermédiaire du web 2.0 se situe actuellement sur une courbe ascendante (source : e-Marketer ). De quoi rassurer les plus sceptiques…

Comme dans le monde réel, les modes sur le web changent et évoluent perpétuellement ; les technologies, comme les plate-formes, également, exigeant de l’entreprise publicitaire qui a décidé d’explorer ce filon une forte réactivité (et proactivité !) afin de comprendre comment en tirer profit. Une pression constante pèse sur les agences médias traditionnelles (offline ou online) qui doivent suivre et réagir à ces tendances. En effet, non seulement l’espace sur lequel elles travaillaient jusqu’à présent s’est métamorphosé au point d’être méconnaissable, mais leur audience s’est considérablement élargie et diversifiée sur le plan démographique. L’entreprise publicitaire la plus performante saura saisir les opportunités du web 2.0  tout en conjuguant avec les risques éventuels, en usant de la stratégie la plus adaptée.

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Chronique d’un twitterer-blogger à Madagascar en situation de crise

J’ai pu lire de nombreux posts déjà sur le rôle des médias sociaux dans l’information sur la crise politique à Madagascar. Faisant suite à mon billet précédent, je voudrais mettre l’accent ici sur la tâche, ô combien difficile, du journaliste citoyen à Madagascar… Mobile et appareil photo en main, personnellement, je ne rate pas de témoigner des troubles qui secouent Antananarivo depuis environ trois mois sur Twitter. Sur le terrain, il faut constamment veiller à sa sécurité, se mettant à l’abri des balles, évitant les coups de grenades et les émeutes (la foule qui te rentre dedans), mais aussi des profiteurs qui n’hésitent pas à profiter d’un moment de confusion pour te vider les poches… Aussi faut-il éviter de photographier certaines personnes au risque d’essuyer une virulente protestation de leur part… Ma foi, à la différence du journaliste classique (notons que pour eux, tout n’a pas été un long fleuve tranquille non plus !) qui bénéficie d’un encadrement particulier près des forces de l’ordre, le journaliste citoyen doit redoubler de vigilance. Je propose ainsi un extrait (la liste n’est pas exhaustive, vous pourrez m’aider à la rallonger) de ce qui pourrait être le manuel du journaliste citoyen à Madagascar (valable essentiellement à Antananarivo) :

1 – il ne faut éviter jamais y aller tout seul, ou du moins, il faut avertir des proches ou d’autres bloggers de l’endroit où on est : toujours avoir un contact direct à appeler en cas de pépin… (Merci à Lova pour les consignes ;)) ;

2 – il faut faire extrêmement attention quand il faut prendre des photos ou filmer : éviter de se faire surprendre en filmant ou en prenant les militaires (terme générique pour désigner les forces de l’ordre, en général) en photos (j’en avais fait moi moi-même les frais !), éviter également de shooter une certaine catégorie d’individus très susceptibles aux appareils photos et aux caméras ;

3 – il faut éviter de trop se fondre dans la foule (j’ai fait l’expérience de me fondre dans un des deux camps protagonistes au moment des affrontements, mais je me suis rendu compte que j’avais fait forcément le mauvais choix quand j’ai vu les militaires charger dans notre direction) ;

4 – mais il faut également éviter de se mettre entre deux feux au risque de recevoir des projectiles (ce n’est pas la meilleure solution, croyez moi) ;

5 – il faut choisir un bon poste d’observation (fixe), à l’abri des agitations – néanmoins, il faut toujours chercher une issue de secours au cas où la situation dégénère ;

6 – si le journaliste citoyen est mobile, il est préférable qu’il se mette légèrement à l’écart des affrontements (entre civils ou avec les militaires) ;

7 – il faut faire attention à ne pas se faire agresser par les voleurs à la tire et autres individus malintentionnés ;

8 – et surtout avoir de bonnes jambes pour s’éclipser quand la situation ne s’y prête plus…

Rendant hommage à toute la communauté de twitterers-bloggers de Madagascar, bravo, vous faîtes tous du bon travail, mais faîtes bien attention à vous. On ne vit qu’une fois…

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Communiquer en situation de crise – échos de la communauté numérique malgache

Personnes manifestant contre les émeutes et pillages à Madagascar

Alors qu’on est en ce moment en train de traverser une grave période de crise sociopolitique à Madagascar, je voudrais décrire la place occupée par les outils médias collaboratifs et participatifs dans l’exploitation des diverses informations concernant les troubles au pays.

Force est de constater que le web 2.0 est au cœur de l’actualité malgache. Personnellement, j’ai commencé à couvrir les évènements se déroulant à Madagascar sur Twitter alors que l’atmosphère politique locale commençait à être tendue. Les chiffres parlent d’elles-mêmes : en l’espace de 48 heures, depuis le début des émeutes à Antananarivo, près de 40 nouveaux suiveurs sur Twitter. Une communauté de Tweeterers se forme et la twittosphère malgache se mobilise pour assurer un maximum de couverture de l’évolution de l’agitation sur place. La forte affluence sur Twitter, avec des profils de suiveurs des plus variés (medias internationaux, diaspora malgache, ou simple citoyen du monde), témoignent le vif intérêt de la situation prévalant dans la grande île, étant donné que Madagascar a fait la une de l’actualité mondiale depuis ces dernières 78 heures.

La blogosphère malgache se mobilise également. Je félicite ainsi le travail des bloggeurs malgaches qui essaient de relayer les informations au pays. Une multitude de blogs gasy analysent parfaitement les agitations politiques à Madagascar, avec un rendu qui ferait pâlir certains professionnels de la presse internationale…

Grâce à l’avènement du web 2.0, on peut alors rester connecter avec les évènements en direct de Madagascar (une chose qui n’aurait pas encore été possible pour la couverture de la crise politique de 2002 à Madagascar). Les photos et vidéos prises en amateur (FlickR, YouTube…) abondent tellement que moi-même j’aurai tendance à m’y perdre…

Soulignons aussi le rôle prépondérant des réseaux sociaux, en particulier Facebook qui connait une croissance exponentielle au niveau de la communauté malgache au pays et dans sa diaspora (sujet d’un de mon dernier post), sans quoi les échanges d’informations sur la situation au pays seraient une tâche ardument difficile et la mobilisation de l’opinion quasiment inexistante (je fais allusion à tous ces groupes de convictions politiques ou apolitiques appelant à la mobilisation et la responsabilité de tout un chacun dans la résolution de la crise actuelle).

En un mot, les internautes malgaches commencent à prendre conscience de l’importance de ce média dans la transmission d’information, de son rôle afin d’alerter l’opinion publique et aider les décideurs dans leur prise de décision (il y a une certaine redondance je sais).

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